Le motif terrazzo, autrefois adulé, s’efface progressivement des catalogues de grandes enseignes. Les experts repèrent une nette désaffection pour les néons et les objets surdimensionnés, qui peinaient déjà à convaincre en 2024.
Dans le secteur textile, le polyester vierge et les logos ostentatoires enregistrent une baisse de popularité, face à la montée des matières recyclées et des coupes intemporelles. Les professionnels s’accordent : certains choix, encore prisés il y a peu, accélèrent le risque d’obsolescence stylistique.
Quelles tendances déco et mode risquent de vous faire paraître ringard en 2025 ?
Le canapé velours côtelé moutarde perd sérieusement du terrain. Même sort pour les motifs rétro tout droit sortis des seventies, qui étaient partout il y a peu et semblent aujourd’hui d’un autre temps. La vague de mobilier vintage chiné commence à lasser, laissant place à des formes plus sobres, des lignes claires. En décoration, le maximalisme coloré sature l’espace, fatigue le regard, et enferme l’ambiance dans une époque figée.
Côté mode, le grand ménage se poursuit. Les robes à imprimés animaliers, les épaules démesurées ou les baskets à semelles mastodontes peinent à se renouveler. Quant aux logos surdimensionnés sur les sweats ou les sacs, ils apparaissent de plus en plus comme un cliché, loin du besoin d’authenticité qui anime la nouvelle génération. Les matières synthétiques vierges suivent la même trajectoire, délaissées au profit de tissus responsables, plus sobres.
Un look rétro mal dosé, une accumulation sans cohérence de pièces “vintage”, une avalanche de motifs disparates : le résultat tombe vite dans la confusion. En déco, un mur de cadres à la façon Instagram, un néon à message, une table basse façon terrazzo… L’accumulation de références datées fige instantanément l’ambiance. Miser sur la sobriété, privilégier les matériaux naturels, chercher l’harmonie : voilà l’option gagnante.
Voici les éléments qu’il vaut mieux éviter pour garder une allure actuelle :
- Les fausses plantes vertes qui colonisaient les intérieurs en quête d’authenticité n’ont plus la cote.
- Le cannage à outrance sur le mobilier lasse vite ; un seul détail suffit, la surenchère fatigue.
- Le total look vintage sans réinterprétation donne un effet musée figé, loin d’un espace vivant.
Chasser le ringard en 2025, c’est jouer sur la juste mesure. Un objet, une coupe, ou un motif ancré dans le passé suffisent à figer une silhouette ou une pièce. Il vaut la peine de penser l’ensemble, de rechercher la cohérence, plutôt que d’empiler des tendances éphémères pour rester en phase avec l’époque.
Décryptage : styles, couleurs et motifs à éviter absolument cette année
La palette de couleurs de 2025 tourne la page des néons et des pastels délavés. Le rose millennial s’efface, remplacé par des teintes plus profondes, sobres, moins tape-à-l’œil. Les motifs rétro chevrons, losanges, ou les tapisseries de grand-mère saturent rapidement l’atmosphère. Ces références trop marquées empêchent l’espace de respirer, freinent toute modernité.
Dans le salon, mieux vaut éviter de combiner canapés en velours côtelé coloré et tables basses en terrazzo, ex-icônes d’Instagram. L’accumulation de telles pièces donne vite l’impression d’un décor daté. Les imprimés animaliers et les motifs floraux extravagants rappellent davantage une sitcom vintage qu’un intérieur raffiné.
La mode suit la même logique : la robe structurée à épaulettes ou le look vintage sans touche contemporaine évoquent le déguisement plus que l’élégance. Les logos éclatants sur accessoires ou sweatshirts font penser à de la revendication ostentatoire, pas à une signature de style.
Quelques tendances sont à écarter sans regret :
- Les teintes agressives sur un mur ou une pièce maîtresse lassent rapidement.
- Les motifs géométriques omniprésents sur tissus ou papiers peints créent un effet “déjà-vu”.
- Le total look bois blond scandinave tombe dans la monotonie et l’uniformité.
En 2025, le design valorise l’équilibre, la subtilité, la simplicité. Les accumulations, les effets de style non maîtrisés, les couleurs surchargées n’ont plus leur place : chaque choix affirme une intention, chaque détail compte.
Quelles alternatives adopter pour rester dans l’air du temps ?
Le moment est venu de miser sur la slow déco : authenticité, matières brutes, sobriété pensée. Les matériaux naturels prennent le dessus. Privilégier le lin ou le coton écru pour les textiles apporte fraîcheur et élégance discrète. Le bois mat, ni trop clair ni surbrillant, donne du caractère sans tomber dans le cliché scandinave.
Dans le séjour, le verre soufflé et la céramique brute remplacent les bibelots en plastique ou l’accumulation d’objets vintage. Une pièce originale, une lampe artisanale : chaque élément trouve sa place, s’accorde à l’ensemble, capte la lumière, installe une ambiance singulière. L’idée : choisir la pièce unique, valoriser le savoir-faire, éviter l’effet catalogue.
En mode, le style se construit sur des coupes nettes, des superpositions bien pensées, des matières de qualité. La robe se fait fluide, la veste structurée mais sans excès. Les accessoires jouent la carte du détail subtil, loin de la logomania. Repérer des créateurs qui osent le mélange, la réinterprétation, l’allusion vintage maîtrisée : un clin d’œil bien ciblé, jamais une copie conforme.
Pour adopter les alternatives actuelles, voici quelques pistes à explorer :
- Utiliser des nuances terreuses, des couleurs minérales, des camaïeux doux.
- Choisir des pièces structurées ou des textures naturelles pour une élégance sans effort.
- Faire preuve de modération : une pièce forte, bien choisie, suffit à affirmer un style.
En 2025, design et mode avancent avec finesse et personnalité. L’accumulation ou le pastiche n’ont plus leur place : chaque détail vise juste, chaque choix révèle une intention.
L’écoresponsabilité, nouveau critère incontournable pour des choix durables
La slow déco s’impose. Les matières naturelles dictent la tendance : lin, coton écru, bois non traité. Ce n’est plus qu’une question de style, mais une posture. Les matériaux recyclés et les objets chinés trouvent leur place dans les intérieurs : une table en bois ancien associée à un luminaire en verre soufflé, un tapis tissé main à partir de fibres upcyclées. Le design se simplifie, la fabrication se rapproche, les circuits courts deviennent la norme.
Ceux qui soignent leur intérieur misent sur du mobilier pensé pour durer. On tourne le dos aux canapés jetables, on revient à des pièces réparables, à des finitions sobres. Le “fabriqué localement” séduit de plus en plus. Pour la décoration, la céramique brute prend le dessus, reléguant le plastique aux oubliettes. La transparence sur l’origine, les labels environnementaux, l’engagement des marques comptent désormais dans la décision d’achat.
Voici quelques gestes à adopter pour des choix responsables :
- Choisir des peintures à faible teneur en COV pour préserver l’air intérieur.
- Préférer les textiles certifiés, non traités inutilement.
- Intégrer des plantes vivantes, non comme décor, mais comme partie prenante de l’ambiance : cactus, fougère, pilea.
Le consommateur averti questionne, exige, et oriente ses choix vers des créations à impact réduit. Désormais, la tendance dépasse l’esthétique : elle cherche la cohérence, la responsabilité, la durabilité, tout en cultivant une vraie exigence de style. Reste à chacun d’habiter le présent, sans nostalgie forcée ni effet de mode éphémère.

